La surproduction : de Vampirella à l’homme invisible

Haaaaa Vampirella … démoniaque, certes, mais tellement sexy !!!

 

vampirella

 

C’était dans les années 76, 77 … j’étais en CM1 ou CM2.

Kader, lui, avait déjà 13 ans … et des grands frères …

Dans la cour de récré, il nous avait montré un Vampirella. Succès immédiat parmi les garçons. Tous, nous étions émoustillés par cette ténébreuse beauté, cruelle, mais ô combien sexy. Nous étions tous prêts à donner un peu de notre sang !!!

C’était une époque, baignée par l’insouciance, pour nous comme nos parents.

Souvenez-vous, Emmanuelle passait en boucle dans nombre de cinémas. L’érotisme était devenu “à la mode”. Comme dirait mon gamin aujourd’hui (même s’il ne sait pas trop ce que ça veut dire), c’était “SWAG” …

 

Souvenirs …

 

Mais revenons à nos chauves-souris … heuuu pardon, je voulais dire nos moutons. 😉

 

Je ne passe pas un jour sans voir une boîte dans

laquelle il y a de la surproduction !

 

Vous vous souvenez que la surproduction, c’est le fait de produire trop, trop vite, trop en avance
(voir l’article Les 7 Mudas).

 

Mais pourquoi la surproduction est-elle systématiquement présente ?

 

 

Pour une raison toute simple. Comme Vampirella, …

 

… elle est séduisante !

 

Quelques exemples

 

  • Quelle qu’en soit la raison, un de vos gars se retrouve inoccupé. Qu’à cela ne tienne on va l’occuper. Il va faire des pièces en avance pour ne pas rester sans rien faire. C’est de la surproduction ! Pourquoi ne pas plutôt l’occuper à améliorer la situation ou à se former à un poste / activité qu’il ne connaît pas ?
  • Ma machine est réglée et je viens de terminer ma série. Pour faire “gagner” du temps, je cherche une fabrication planifiée pour plus tard et qui nécessite le même réglage. Et si par chance (ou plutôt “malchance” 😉 ), j’en trouve deux, je suis “le roi du pétrole”. C’est de la surproduction ! Pourquoi ne pas davantage s’intéresser à la réduction du temps de changement de série ?
  • Mes clients me demandent des délais toujours plus courts. Le plus simple pour leur répondre rapidement … c’est de fabriquer en avance pour alimenter un stock de produits finis. C’est de la surproduction ! Pourquoi ne pas réfléchir à comment réduire mon délai de fabrication ?
  • Mes clients “font du Lean” (mais ne sont pas Lean, voir l’article Le Canada Lean). Ils ne m’ont pas demandé mon avis. Comme ils ne veulent plus de stocks chez eux, ils nous imposent de les prendre chez moi. Je ne produis donc plus pour livrer, mais pour alimenter un stock. C’est de la surproduction ! On se retrouve dans le cas précédent, il faut chercher à ne pas produire en avance, mais à pouvoir produire très rapidement.

 

Mais quel est le problème ?

 

Le problème n’est pas tellement la surproduction en elle-même. Le problème ce sont ses conséquences.

Surproduire revient à stocker et à prendre du temps. Or un stock …

  • Cela prend de la place. Toutes les entreprises me disent “Nous manquons de place”, invariablement je leur réponds “Vous avez trop de place” …
  • C’est de la matière qui a été consommée et enrichie par de la main-d’œuvre … et elle attend ! Cela représente une immobilisation financière loin d’être négligeable. Elle dort bien au chaud dans votre atelier / entrepôt. Or pour financer ce stock, vous avez peut-être emprunté de l’argent à votre banque.
    Ah, mais c’est vrai … j’oubliais que votre banquier vous prêtait de l’argent gratuitement … 😉
  • Ce sont des ressources utilisées pour gérer ce stock. Plus il y a de stock, plus il faut être rigoureux pour le gérer. Ce sont des caristes et des magasiniers chargés de l’identifier, de le quantifier, de le transporter, … mais aussi très souvent de le chercher et de le déplacer. Depuis vingt ans, je vois des magasiniers chercher désespérément des pièces ou des matières présentes dans leur système d’information (GPAO, ERP, …), mais introuvables sur le terrain.

 

Vous l’aurez compris, nous parlons de votre BFR (Besoin en Fond de Roulement).

 

La surproduction augmente votre BFR !

 

Mais je vous ai dit plus haut que la surproduction prenait aussi du temps.

 

Et là est tout le paradoxe !

 

Plus vous prenez de l’avance et

plus votre taux de service est mauvais !

 

En effet, si pour occuper un opérateur, vous lui faites faire de l’avance, vous risquez de l’immobiliser quelques heures sur cette nouvelle tâche et “il n’aura plus le temps” de traiter les pièces qui doivent partir demain.

Croyez-moi sur parole (je ferai bientôt un article sur ce sujet), un taux de service bas s’accompagne pratiquement toujours d’un gros taux de commandes livrées en avance.

Or vos clients ne vous demandent ni de livrer en avance, ni de livrer en retard

 

… mais bien à l’heure !

 

Mais le pire reste à venir !

 

Nous venons de voir que la surproduction augmente votre coût d’exploitation (le BFR) et participe fortement à vos retards de livraison.

Nous pourrions penser que le bilan est déjà suffisamment noir. Que nenni ! Il y a pire encore !

 

Le pire, c’est que l’on s’habitue à la surproduction, on l’intègre dans nos comportements.

Et ce, à tel point, que la surproduction en devient …lhomme-invisible

 

 

… l’homme invisible, …

 

… et plus personne ne la voit !!!

 

 

 

 

 

 

Et vous-même, percez-vous la présence de la surproduction dans votre boîte ?

 

 

 

 

 

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2 réponses à La surproduction : de Vampirella à l’homme invisible

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