Pourquoi commencer par les 5S ?

Ce n’est pas en rangeant et en nettoyant que l’on va améliorer notre compétitivité !!!

 

Monsieur propre

 

Pour la majorité d’entre nous, l’amélioration des performances de l’entreprise est synonyme d’une augmentation de la productivité.

 

Pour un assez grand nombre d’entre nous, l’amélioration des performances de l’entreprise passe obligatoirement par l’amélioration de la qualité.

 

Pour un petit nombre d’entre nous, l’amélioration des performances de l’entreprise renvoie aussi aux notions de clients, valeur ajoutée, processus, flux, gaspillages, variabilité, management, etc., etc.

 

Mais finalement, presque personne ne fait le rapprochement entre la mise en œuvre des 5S et l’amélioration des performances de l’entreprise.

 

Combien de fois ai-je entendu :

« Éric, les 5S, c’est bien, cela rend notre atelier propre et lui donne un côté pro, mais franchement, à part gagner un peu de temps pour retrouver l’outil que l’on cherche, c’est pas ça qui qui va nous faire prendre des parts de marché en étant plus compétitif … »

 

Alors pourquoi les Japonais préconisent-ils toujours de commencer
par les 5S ?

 

Me considérant encore comme un “jeune Padawan du Lean”, les quelques rares fois où j’ai pu croiser un “Maitre Yoda Japonais”, je lui ai posé la question :

 

“Mais pourquoi faut-il toujours commencer par les 5S ?”

 

Oh, je vous rassure, en bon Senseï japonais, ils m’ont donné quelques explications succinctes en me faisant comprendre que je devais le découvrir par moi-même …

 

Ô frustration quand tu nous tiens …

 

Heureusement, avec le temps, je pense comprendre un petit peu mieux les 5S et je les vois de moins en moins comme une méthode de rangement.

 

Mais au fait “c’est quoi” les 5 S ?

 

Sans reprendre l’explication détaillée des 5S (voir ici pour cela), nous pouvons dire que les trois premiers “S” (trier/débarrasser, ranger/agencer, nettoyer/inspecter) sont des “S” d’actions et que les deux derniers renvoient aux notions de réflexion et de pérennisation.

 

Or, ce sont justement le quatrième et surtout le cinquième “S” qui sont les plus difficiles à mettre en œuvre.

 

Pourquoi cela ? « Chassez le naturel, il revient au galop »

 

Les S4 et S5 traitent des changements profonds (comportements et habitudes) qu’il nous faut appliquer dans le temps à la suite “du grand nettoyage” (les trois premiers “S”).

Et changer ses habitudes, ses paradigmes, ses “croyances”, ses schémas mentaux ou sa façon de voir … c’est terriblement difficile, car ils sont ancrés en nous très profondément, … souvent depuis l’enfance !!!

 

 

Arbre + racines

Les fondements du Lean thinking

 

Les 5S sont une méthode d’une formidable puissance pour préparer le terrain à l’état d’esprit Lean.

 

En effet, le rangement et le nettoyage sont des “supports d’apprentissage” compréhensibles par tous.

 

 

Si les 5S sont faits dans les règles de l’art, c’est-à-dire en intégrant les opérateurs et non-pas parachutés par le service “Méthodes”, ils permettront :

– Une mise en pratique par tous les acteurs, des cinq valeurs phares de Toyota qui sont :

• Le Respect

• Le Travail d’équipe (Teamwork)

• Le Challenge

• Le “Factuel sur le Terrain” (Genchi Genbutsu)

• L’amélioration continue (Kaizen)

– Une mise en pratique du PDCA (notamment du Check et du Act/Adjust)

– Un apprentissage du management sur le terrain, par l’exemple et la résolution de problème par les managers de premier “niveau”

– Un apprentissage des rituels de management, premiers pas vers les “standards de Management”

– Un apprentissage et une mise en pratique de la résolution systématique des problèmes

– Un apprentissage à la standardisation (et sans standardisation point de Kaizen !!!)

– Une appropriation et un respect de l’espace de travail par les ouvriers

– Une communication régulière, factuelle et respectueuse entre ouvriers et managers

– Des changements de comportements et d’habitudes, “consentis” et non forcés, qui se maintiendront dans le temps

 

Rmq. Pour les plus initiés d’entre vous, je vois même dans les 5S un apprentissage du Nemawashi

 

Vers l’entreprise Lean

 

Parmi tous les critères qui peuvent définir une entreprise Lean, pour moi il en est un qui prime :

 

« Une entreprise devient Lean lorsqu’elle devient une organisation apprenante »

 

C’est pourquoi je suis convaincu aujourd’hui que, quels que soient les chantiers et les projets d’amélioration, une entreprise ne débutera vraiment son “voyage Lean” que lorsqu’elle commencera à se “frotter” aux 5S.

 

 

Comprenez-vous maintenant pourquoi, à mes yeux,

les 5S sont un formidable outil de management et d’apprentissage?

 

 

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Taggé , , , , , , , , , , , , .Mettre en favori le Permaliens.

2 réponses à Pourquoi commencer par les 5S ?

  1. Agnès dit :

    Cela me rappelle les critiques de mes camarades officiers de marine. « Ton travail, c’est de compter les boîtes de Neqsik ! »
    Pas que à vrai dire mais je n’y voyais aucun inconvénient : une bonne comptabilité commence avec un inventaire exact.
    C’est avec des tâches humbles et qui paraissent négligeables que l’on commence la qualité…


    • Bonjour Agnès,

      content de vous revoir ici et merci pour votre commentaire.

      Rigueur et exigence sont les bases solides (à commencer par la qualité) sur lesquelles on pourra s’appuyer pour affronter la nouveauté.

      Rigueur et exigence se construisent par « des tâches humbles et qui paraissent négligeables » (pour vous citer).

      Mais attention, rigueur et exigence ne signifient pas totalitarisme, tyrannie ou dictature.
      Pour moi, c’est le terreau de l’apprentissage et le respect des personnes (tous à la même enseigne).

      Bien cordialement,

      Eric Calmettes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *