Les couples maudits du Lean

Couples maudits, couples “contre-nature” !

 

king_kong

 

Souvenons-nous de ces chefs-d’œuvre de la littérature puis, par la suite, du cinéma …

Ils relèvent tous du concept de “la Belle et la Bête”. L’amour naît par-delà les différences, l’importance de l’être dépasse celle du paraître.

Il y a par exemple King Kong ou Frankenstein … mais aussi, dans un autre registre, le si magnifique et émouvant “Harold et Maude”.

 

Harold et Maude

 

 

Harold et Maude

Madeleine Renaud et Daniel Rivière (1974)

 

 

 

 

 

Mais dans le Lean, ces couples maudits, qui sont-ils ?

 

 

Oh je sais ! Ils sont bien moins poétiques !

Mais pour autant qu’ils soient plus discrets, ils n’en sont pas moins bien présents et de façon systématique.

Ici, point de couples “contre-nature”, mais je les qualifierais plutôt de “contre-intuitif”.

 

 

Les stocks excédentaires et les ruptures

 

C’est un constat que je fais tous les jours sur le terrain. Plus il y a de stocks dans l’entreprise (matières premières, encours, produits finis) plus le taux de rupture est important.

Il n’y a pas qu’une seule explication à ce phénomène.

Le nombre de références est une cause. Plus vous avez de références à gérer, plus il vous faut de ressources humaines. Plus il y a des personnes (service logistique, magasiniers, cariste, approvisionneurs, …) qui “brassent” des pièces et matières, plus les interactions entre personnes sont nombreuses … et donc plus il y a de risques d’erreurs, d’incompréhensions, d’oublis … dont la conséquence sera une rupture.

 

L’effet “plein les yeux” joue aussi un rôle non négligeable. C’est un corollaire du syndrome de l’étudiant qui se dit qu’il a le temps … Lorsqu’on voit beaucoup de pièces et qu’on en voit partout, la notion de manque paraît négligeable. Du coup, il est naturel de n’y prêter que peu d’attention.

Et croyez-moi, GPAO ou pas, ERP ou pas, UGAO (Usine à Gaz Assistée par Ordinateur) ou pas …

 

… cela ne change rien !

 

 

Les retards et les avances de livraison

 

Ce couple avance/retard, je le vois quasiment à chaque intervention. Lorsque je demande aux entreprises de calculer leur VRAI taux de service (càd le taux de service “pièce arrivée chez le client”), il n’est pas rare qu’il soit inférieur à 10 % et très souvent il n’atteint même pas les 5 %.

C’est là que se trouve la non-compétitivité de nos boîtes françaises !

Par contre, l’entreprise livre 45 % de ses commandes en retard, mais surtout, 40 % de ses commandes en avance.

Or, d’un commun accord tout le monde focalise son attention, et dépense une énergie folle à traiter les retards sans s’occuper de l’avance.

 

C’est une grave erreur !

 

Traiter les retards sans traiter les avances, c’est comme faire plier un bambou. Dès que vous relâchez la pression, il reprend sa forme. En des termes plus “populaires” c’est comme “pisser dans un violon”, ça ne sert à rien, nada, queuchi …. (je crois que vous avez compris là, j’en rajoute pas ?) 😉

 

Ce problème est basé sur une incompréhension. Il est à mes yeux, tellement important, que j’ai décidé de lui dédier mon prochain article ! Montrez-vous un peu patient et rendez-vous au prochain post.

 

 

Le manque de place récurrent et la place réelle

 

Une fois encore, c’est du quasi systématique. C’est comme un petit air à la mode … que j’entends partout.

“Nous manquons de place !”

Imperturbable, à chaque fois je réponds :

“Non, vous avez trop de place !”

 

La place est là, mais elle est occupée; mal occupée !

 

C’est du stock d’encours en attente d’une opération de reprise, ce sont des pièces en attente d’un tri, car des non conformités ont été relevées, ou encore des produits finis que l’on a faits en avance et qu’on laisse trainer, car ils vont bientôt être expédiés …

 

… mais bien souvent c’est du BOR…

face-grin

 

Vous connaissez le proverbe : “La nature à horreur de vide”. Eh bien je crois que pour la nature humaine, il s’applique à la puissance 100 … demandez à mon épouse, toutes les semaines elle me dit qu’elle doit faire du tri dans ses placards !

 

Plus on a de place, plus on en prend.Ce faisant, on ne se contraint pas à ranger, agencer et organiser.

Or, c’est bien ce travail sur soi qui nous fait apprendre et progresser, pour au final devenir plus performant.

 

 

 

Et dans votre boîte, les avez-vous ces couples maudits … du Lean ?

 

 

 

 

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