Maggie avait raison …

… ou comment le standard peut porter le changement de culture

 

margaret

 

Il y a quelques mois, en zappant sur ma téloche, je suis tombé sur le film …

 

LA DAME DE FER

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Il retrace l’épopée politique et la fin de vie de Margaret Thatcher. Il est remarquablement interprété par Meryl Streep.

 

 

Quoi que l’on pense de son caractère et de son action politique, on ne peut pas nier l’empreinte qu’elle a laissée.

Nombre d’hommes politiques, britanniques ou non, pensent qu’elle a permis à l’Angleterre de se redresser économiquement et de retrouver son honneur (notamment grâce à son “coup de poker” lors de la guerre de Malouines).

 

 

Les racines de Maggie

 

 

Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler longtemps de “la dame de fer”.

Journalistes, hommes politiques et historiens le feraient cent fois mieux que moi.

 

Non, ce qui m’intéresse ce sont les racines de Maggie et l’état d’esprit qu’elles lui ont donné.

Margaret Thatcher était la fille d’un petit épicier de quartier.

Ses racines sont plutôt populaires, contrairement à la plupart de ses concitoyens croisés tant à l’université que par la suite en politique.

Travailler à l’épicerie l’obligera à se forger une culture du fait, du chiffre, de la rigueur et du bon sens … qui l’accompagnera tout au long de sa vie.

La culture du fait, du chiffre, la rigueur et le bon sens … tout ce que l’on aime lorsqu’on devient Lean.

 

 

Morceau choisi

 

J’étais donc en train de regarder ce film, lorsqu’un passage m’a littéralement “scotché”.

 

Ce passage, le voici : (Sorry pour la qualité)

 

 

 

 

Surveille tes idées … elles deviendront ta destinée

 

Je reprends ce que dit Margaret :

 

Le malheur c’est qu’on ne pense plus; on ressent!
les-faits
Savez-vous que l’un des plus grands problèmes à l’heure actuelle, c’est que la majorité de nos responsables politiques sont beaucoup plus intéressés par les affects que par la réflexion et les idées. La réflexion et les idées, … ça c’est intéressant !!

– Surveille tes idées, elles deviendront paroles …
– Surveille tes paroles, elles deviendront bientôt tes actes …
– Surveille tes actes, ils deviendront bientôt tes habitudes …
– Surveille tes habitudes, elles deviendront ton caractère …
– Et surveille ton caractère, car bientôt il deviendra ta destinée …

ce sont les idées qui forment les hommes !!!

C’est mon père qui disait cela …

 

Personnellement, je trouve ce passage remarquable de sagesse.

 

 

Quel rapport avec le Lean ?

 

Lorsque vous vous engagez sur la voie du Lean, vous n’allez pas apprendre à faire du Lean (voir Le Canada Lean),…

 

… vous allez apprendre à devenir Lean !

 

Et ce processus d’apprentissage, … c’est ce que décrit avec éloquence Margaret Thatcher.

 

 

Le standard comme support au changement

 

Bien des personnes ont une image négative du standard. Il est vu comme quelque chose de rigide et contraignant.

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Un standard n’est contraignant que dans deux cas. Soit il n’est pas adapté (et à ce moment-là, on le modifie), soit la personne qui doit l’appliquer ne l’a pas encore intégré dans ses habitudes.

Les équipements de sécurité (EPI) en sont le parfait exemple. Au début, cela “fait ch…” et on les oublie plus ou moins volontairement, mais après quelques mois, quelques années, tout le monde s’y est habitué … et les mettre (comme on met des crampons pour le foot) fait partie du job.

Le standard est un état de référence. Il s’appliquera dans certaines situations.

Mais, dans ces situations, il s’appliquera de façon … SYSTÉMATIQUE !

 

Dès lors, comme un Kata dans les Arts martiaux, le standard deviendra une habitude et donc …

 

une seconde nature !!!

 

 

Ce qu’il faut retenir

 

Commencez par apprendre à “penser Lean” !

 

Au fur et à mesure que vous penserez “plusssss Lean”, vous agirez “plusssss Lean”. Vos agissements “plusssss Lean”, vous pousseront à adopter des standards “plusssss Lean”, qui deviendront des habitudes “plusssss Lean” et au final, vous finirez par …

 

… devenir “plusssss Lean” !!!.

 

Nous venons de voir que plus on “pense Lean”, plus on agit Lean, mais la réciproque est vraie aussi ! Plus on agit Lean, plus cela nous entraine à “penser Lean”. Penser, Agir, puis repenser, puis re-agir, encore et encore, naturellement … Cela ne vous rappelle pas un peu le cycle PDCA ?

 

Et devenir un peu “plusssss Lean” tous les jours, si ce n’est pas du Kaizen ça !

 

 

 

 

 

4 Commentaires


  1. Bonjour,

    bravo et merci pour ce billet. Je ne pensais pas qu’un extrait de film concernant Mme Tatcher ( j’en était resté à une chanson de renaud) pouvait déboucher sur un tel exemple! C’est bien la preuve qu’il faut savoir sortir de sa zone de confort pour apprendre.

    Encore merci Eric!

    Lean’s amititiés

    Fabrice


    • Bonjour Fabrice,

      je vous remercie pour votre commentaire.

      Je ne suis pas un grand fan de Margaret Thatcher. J’ai trouvé le film intéressant, notamment son aspect historique et la chronologie.
      Je n’étais encore qu’un gamin quand elle est arrivée au pouvoir…

      Mais ce passage m’a carrément sauté au visage. En prenant de l’âge, je le trouve tellement juste.

      Apparemment, un autre commentaire me dit que cette citation serait attribuée à Gandhi …

      C’est fou ce qu’on apprend en apprenant le Lean. Je dormirai moins inculte ce soir.

      Encore merci, Fabrice, pour ton support.

      Amicalement,

      Eric


  2. Bonjour Eric,
    professer le Lean dans une usine en s’appuyant sur Margaret Thatcher, on sent que vous aimez le challenge ! :)))

    Plus sérieusement, merci pour le lien entre cette pensée, les standards et les Kata des arts martiaux : extrêmement pertinent et percutant comme façon de faire passer / illustrer le message.

    Jean-Baptiste
    PS : en vérifiant rapidement sur Internet, plusieurs blogs attribuent cette citation à Gandhi. Filiation sans doute plus facile à assumer que celle de Thatcher pour faire passer le message en usine 😉


    • Bonjour Jean-baptiste,

      un gros merci pour m’apprendre que cette citation viendrait du mahatma Gandhi.

      Mais est-ce que lui-même ne la tirait pas de son éducation British ?

      C’est finalement un peu comme la roue de Deming qui serait en fait … de Shewhart.
      Je préfère Deming, c’est déjà … plus facile à prononcer 😉

      Quant au challenge, oui j’aime bien les défis. Comme parler de productivité devant des CGTistes.

      Plus sérieusement, j’essaie d’être assertif et de convaincre par des exemples auxquels les personnes peuvent s’identifier.

      J’aime “piquer les fesses” et provoquer. Mais je fais attention de ne pas arriver à ce que la personne se braque,
      sinon ce ne sont plus des arguments qui s’expriment, mais des émotions.

      Et l’on ne “bâtit pas” sur des émotions. Seulement en s’appuyant sur des idées et des faits.

      Tout ça pour dire : “Au final, citer Thatcher, j’assume”.

      Encore merci pour votre retour sympa.

      Au plaisir de vous lire à nouveau.

      Eric

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